97% des salariés français se déplacent en voiture pour aller travailler. Depuis le 1er janvier 2018, la loi impose à certaines entreprises de plus de 100 salariés sur un même site d’élaborer un plan de mobilité. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions lors de l’évaluation de la responsabilité sociétale de l’entreprise ou dans le cadre de marchés publics. Pourtant, la majorité des démarches engagées se limitent souvent à la conformité réglementaire, négligeant les bénéfices potentiels en matière de performance, d’attractivité et de climat social.
Définir des objectifs pertinents reste un défi, faute de méthodologie partagée et d’exemples adaptés à la diversité des structures. La réussite repose sur une articulation claire entre contraintes réglementaires, attentes internes et enjeux territoriaux.
Pourquoi les entreprises s’engagent dans un plan de mobilité ?
La loi d’orientation des mobilités (LOM) a fait bouger les lignes : depuis le 1er janvier 2020, la mise en place d’un plan de mobilité employeur (PDME) s’impose aux entreprises de plus de 50 salariés sur un même site, dans les agglomérations dépassant les 100 000 habitants. Il ne s’agit pas d’un simple passage obligé administratif. Ce texte invite à questionner, repenser, puis transformer les modes de mobilité employeur. Le PDME poursuit la dynamique amorcée avec le plan de déplacements entreprise (PDE), dans la foulée de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV).
Les motivations dépassent largement la conformité. La mobilité durable devient un atout stratégique : moins de trajets motorisés individuels, c’est moins d’émissions polluantes, une meilleure qualité de l’air, moins de bouchons à proximité des sites, et une image employeur qui marque des points. Les salariés y gagnent aussi : moins d’heures perdues dans les embouteillages, moins de stress, plus de flexibilité dans leurs déplacements.
Les entreprises ne sont pas livrées à elles-mêmes. L’ADEME, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM) accompagnent les employeurs, étape par étape. Un détail à ne pas négliger : ignorer le PDME, c’est se priver de l’appui technique et financier de l’ADEME.
Le plan de mobilité employeur doit être transmis à l’AOM compétente. Il s’inscrit dans la politique RSE et contribue concrètement à la qualité de vie au travail (QVT). Les entreprises les plus avancées y voient aujourd’hui une opportunité de transformation collective, bénéfique à tous.
Les objectifs clés d’un plan de mobilité en entreprise
Optimiser les déplacements domicile-travail figure en tête des priorités lorsqu’on élabore un plan de mobilité employeur (PDME). Réduire les émissions de gaz à effet de serre, rendre les trajets quotidiens plus fluides : deux ambitions qui avancent de concert. Les entreprises adoptent désormais une vision globale, où la mobilité des salariés devient une véritable politique, impulsée par la direction et partagée avec les équipes.
Voici les principaux axes sur lesquels s’appuient les objectifs d’un PDME :
- Réduire l’empreinte carbone des déplacements professionnels et domicile-travail en misant sur le covoiturage, les transports en commun et le télétravail.
- Favoriser les mobilités actives, marche, vélo, trottinette, via des aménagements adaptés et des dispositifs incitatifs comme le Forfait Mobilités Durables (FMD).
- Améliorer la qualité de vie au travail (QVT) en limitant le stress et la fatigue liés aux trajets, tout en réduisant la congestion autour des sites.
- Renforcer l’attractivité et la fidélisation des salariés grâce à une politique de mobilité innovante, cohérente avec la démarche RSE.
Un bilan carbone initial donne le ton : il fixe des objectifs mesurables et sert de base à tous les indicateurs de suivi. Le crédit mobilité offre une alternative à la voiture de fonction, tandis que le FMD encourage des choix plus responsables. Diminuer le risque d’accident et réduire les coûts de mobilité s’ajoutent à la liste des cibles. Le PDME, c’est l’engagement d’une entreprise à conjuguer performance économique et respect de l’environnement, action par action.
Étapes essentielles pour définir et structurer un plan de mobilité efficace
Lancer un plan de mobilité employeur commence par un diagnostic précis. Tout démarre par l’analyse des pratiques de déplacement des salariés et des infrastructures déjà en place. L’enquête mobilité, menée en interne, met en lumière les comportements, les obstacles, mais aussi les attentes. Ce diagnostic ne s’arrête pas aux chiffres : il croise flux, localisation des salariés, desserte des transports en commun et équipements pour les mobilités actives.
Une fois ce tour d’horizon posé, il est temps de concevoir un plan d’actions. Celui-ci détaille les mesures concrètes à déployer : encourager le covoiturage, introduire un forfait mobilités durables, développer le télétravail, réaménager les espaces vélos, etc. Chaque action vise une cible précise : part modale, diminution des polluants, satisfaction des équipes. Ce plan s’accompagne d’une enveloppe budgétaire et s’inscrit dans la durée.
Le suivi ne doit pas être négligé. Plusieurs indicateurs de performance permettent de mesurer l’avancée : évolution des modes de transport, réduction des distances parcourues, baisse des émissions, retour des équipes sur la qualité de vie. Désigner un référent mobilité ou constituer un comité de pilotage fluidifie la gestion et le suivi du projet.
La communication interne joue un rôle central. Sensibiliser, former, mettre en valeur les initiatives : trois points d’appui pour inscrire durablement la mobilité responsable dans le quotidien de l’entreprise. L’expertise et le soutien technique de l’ADEME, de la CCI ou de l’AOM constituent de véritables ressources.
Exemples inspirants et conseils pratiques pour passer à l’action
Dans de nombreuses métropoles, des employeurs proposent un Forfait Mobilités Durables (FMD) pour encourager les salariés à préférer le vélo, la marche ou le covoiturage. Ce dispositif permet de rembourser une partie des frais liés aux modes de transport écologiques. À Lyon, une société d’ingénierie a vu la part des déplacements à vélo grimper de 8 % en deux ans. L’ajout de parkings sécurisés et de vestiaires a renforcé cette dynamique.
Le covoiturage prend de l’ampleur grâce à la création de plateformes internes, souvent mises en place avec l’appui de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ou de l’ADEME. Certaines entreprises réservent des places de stationnement et proposent des primes pour inciter à franchir le pas. À la clé : moins de voitures individuelles, un accès facilité au site, et une baisse notable des émissions polluantes.
Le télétravail s’avère aussi efficace pour limiter les déplacements domicile-travail. Plusieurs groupes du tertiaire observent une chute de 30 % des trajets hebdomadaires, avec un double effet positif : une empreinte carbone allégée et une meilleure qualité de vie au travail.
Pour optimiser la démarche, quelques recommandations s’imposent :
- Impliquer les collaborateurs dans l’élaboration des mesures : l’adhésion naît du terrain.
- Nommer un référent mobilité pour orchestrer le projet et assurer la cohérence dans la durée.
- Bénéficier des dispositifs proposés par l’AOM, la CCI ou l’ADEME pour avancer avec méthode.
- Soigner la communication interne : informer, valoriser, motiver, encore et encore.
Un plan de mobilité efficace se construit dans la durée, s’ajuste au fil des retours et s’adapte sans cesse aux réalités de terrain. L’enjeu : transformer chaque trajet en une opportunité pour l’entreprise et ses équipes d’avancer ensemble, différemment.


